La réalité, d'abord, frappe. Elle est là, aussi fatale que vaine, aussi inéluctable qu'inutile. Dans la nuit de mon chaos, je comprends ce qui est comme Angoisse, puis comme objet, et, enfin, comme étant moi-même. La nuit, tout ce qui est fait partie de moi. La nuit est un miracle où l'on possède ses peurs : tout ce qu'il y a autour.
Et l'animalité. Ce qu'il y a d'organique et de terrestre, ce qui est fécal et ce qui est divin; tout ce qui est irrationnel est là. Exquis instincts qui dirigent les spectres meurtriers tapis dans les recoins les plus sombres, dans les cavernes les plus humides. Et l'Horreur infinie au milieu des Horreurs; on ne se possède plus. Destitution nocturne de soi.
Antipodes effroyables que ceux que découvrent les visages multiples des instants noirs : être réel et au-delà de tout possible, toucher à la plus fine des pensées et devenir la plus vile des sanguinaires espèces, s'emparer de l'universel et ne plus exister. En somme, un humain.